Ukraine, le mot du président

Le président essaie tant bien que mal d'exprimer ce qu'il perçoit à propos de la situation actuelle
JCZD Blog

Je vais essayer d’en venir droit au but, sans tourner autour du pot bien qu’il me semble désormais que les “langues humaines” ne permettent rien d’autre que ça.

La situation est pire que catastrophique, elle est apocalyptique. Un genre d’effet kiss-cool de la Tour de Babel, un monde où il n’existe pas quelques deux-cent langues mais autant qu’il existe d’entités sentientes généralement persuadées qu’il n’y a pas de malentendu12.

La situation en bref…

d’un côté

nous avons une coalation d’individus trop souvent indéterminés et qui ont un discours purement démagogique en faissant des promesses qu’ils n’ont jamais eu l’intention de tenir, comme par exemple de de pas étendre l’OTAN en direction de la l’ex-URSS. Peur ceux-ci, tous les coups sont permis pour autant qu’on fasse du pognon. Ils mentent tellement qu’ils ne font plus la différence entre le mensonge et la vérité et vendraient leurs enfants s’ils pouvaient en avoir un bon prix.

de l’autre côté

nous avons un mec qui porte le nom du plat national d’une colonie de son adversaire, et qui a une tendance un peu désagréable à s’en tenir au minimum tout en provoquant les autres à commettre des erreurs qu’il pourra leur reprocher plus tard et justifieront toutes sortes d’ignominies. Pour celui-là, tout ce qui n’a de preuve physique intangible n’est que pure supputations et il niera tout ce qu’on ne peut prouver. Il est tellement parano qu’il manque à dire ce qu’il ressent réellement - pour autant qu’il sache encore le ressentir.

envers les deux camps

les avis sont contrastés, généralement qu’il faut les flinguer tous autant qu’ils sont. Personellement, j’administrerai deux paires de claques à chacun pour leur remettre les idées en place puis un gros calin car de toute évidence ils ont tous manqué d’amour.

Analyse succinte

Des informations que je récupère par-ci par-là, il semble établi que les soldats russes, en “exercice” depuis 2014 et auxquels on a confisqué les téléphones, ne savent rien de ce qu’ils font. Le strict contrôle du langage imposé aux médias russes n’est pas innocent à cet égard. De tirer sur des cibles d’entraînement inertes, ils sont passés sans le savoir à tirer sur des civils et militaires ukrainiens qui n’avaient rien demandé d’autre que de se débrouiller seuls pour régler leurs problèmes internes ; après tout, les Suisses aussi ont leur Röstigraben et pour l’ocasion c’est un peu comme si Macron envoyait ses troupes envahir la Suisse et bombarder celle-ci jusqu’à Chur sous prétexte que les genevois ne votent pas comme les lucernois : on aurait bien vite fait de leur dire “auriez-vous s’il vous plaît l’obligeance de bien vouloir rentrer chez vous” et de finir par leur tirer dessus s’ils persistent. Cela est confirmé par les différentes images qui montrent par exemple des tankistes russes à court de carburant, n’ayant aucune idée d’où ils sont et se faisant moquer pas des Ukrainiens qui leur proposent de les remorquer jusqu’en Russie. Il ne fait pour moi aucun doute que celui qui porte le nom de ce met que seuls les Québecois savent apprécier à sa juste valeur a très largement usé de sa méthode favorite qui consiste à laisser croire à d’autres ce qu’ils ont envie de croire afin de leur faire faire ce qu’il voudrait qu’ils fassent.

Certains ont raison de s’offusquer face au langage utilisé en occident pour parler de l’ours russe : non seulement la population russe (y compris la majorité des militaires) n’y sont pour rien et y sont même opposés sur le fond, mais d’autres part - et sur ce point je rejoins Владимир Владимирович Пу́тин - les dirigeants de l’OTAN ne méritent aucune confiance et leurs mensonges répétés ont pour conséquence directe la dégradation des relations avec nos concitoyens russes (mais pas seulement). Je ne peux ici m’empêcher de citer Daniel Pennac (et de recommander son livre “Le Dictateur et le Hamac”): “Le peuple est plus compliqué qu’un père ou un évèque : le peuple fait croire qu’il croit ce qu’on veut qu’il croit au point de croire quelquefois qu’il y croit.” Là, c’est dit. Et dans chaque camp on censure l’information de l’autre, alors que c’est précisémment cette information qui est nécessaire pour espérer avoir enfin un peu d’objectivité dans cette situation pour le moins merdique.

Dans cette affaire et si l’on considère les deux camps, il n’y a pas de gentils, pas de méchants : il n’y a que des cons3 qui méritent de savoir qu’ils sont cons, et méritent qu’on leur explique du mieux que possible qu’ils se battent contre leurs propres peurs et leur propre incompréhension de ce qu’ils sont, de ce qui est différent d’eux. C’est un peu comme si la main gauche se mettait en tête de couper la main droite parce que celle-ci est déviante et - se voyant dans le mirroir - s’attaquerait à son propre reflet. Absurde, affligeant, mais vrai.

Et nous dans tout ça?

Si on ne fait pas l’autruche, on essaie parfois de s’aider parmi, on prend un parti-pris. Une suggestion naïve serait de ne pas déposer les armes, mais de les détruire ; pour que ça fonctionne il faudrait évidemment que tout le monde le fasse en même temps, ce qui n’est pas gagné car même si l’horlogerie a fait de grands progrès depuis ses débuts, ceux-ci ont surtout servi à enrichir une minorité au-delà de toute raison plutôt que de permettre à tous d’avoir une montre au poignet. Je rêve encore que chaque humain décide de ne plus payer ses impôts et de répondre à ses dirigeants qui lui disent “faites ceci ou cela” : “fais ton sale boulot toi-même si tu le veux”

mais encore…

À l’heure où j’écris ces lignes, je termine à l’instant un bref appel avec un service cantonal des migrations ; on me disait lundi que tout serait mis en place mercredi, nous sommes jeudi et rien n’est encore fait : la confédération doit encore se décider si ces populations auront droit à une protection via un permis S ou à un simple statut de requérant d’asile. Ils devront se rendre en personne au centre d’enregistrement le plus proche - comme si le contrôle des habitants ne pouvait pas faire ça - et (je cite) « pourront suite à leur enregistrement officiel être affilié aux caisses maladies ». Quant à savoir ce qui se passera pour eux s’ils ne le font pas, il n’y a pas de réponse sauf que « c’est le choix des personnes d’être hébergées sur le long terme ou de rester juste quelques semaines afin de prévoir de rentrer »4.

Divers

mais… pourquoi?

On m’a souvent demandé pourquoi j’avais décidé d’accueillir des réfugiés chez moi : mes moyens sont très limités, mais j’ai de la place et sur le fond ça ne change pas vraiment de Workaway. J’ai aussi pu bénéficier de l’hospitalité ukrainienne en 2006, et j’ai une idée assez précise de ce que signifie la vie dans des centres de requérants. Par ailleurs, cela me fait plaisir de voir cette famille devenir un peu la mienne et leur apporter le bien-être que je peux ; j’en profite pour apprendre leur langue tout en leur enseignant les rudiments de la mienne. Eux sont très heureux de pouvoir aider et se rendre utiles dès qu’ils le peuvent. Par ailleurs, m’occuper des problèmes relatifs à leur situation s’est montré bien plus instructif que je ne l’aurais imaginé.


  1. et que si malentendu il y a, c’est évidemment la faute de l’autre. ↩︎

  2. en parlant de malentendu, je vous invite à trouver nos petits jeux linguistiques directement inspirés de nos tentatives de communication : il m’est souvent nécessaire d’avoir recours à telle ou telle langue de sorte à m’assurer à ce que Google ne confonde pas les homonymes. Ne faites jamais aveuglément confiance à cet outil, car les résultats sont parfois complètement absurdes. ↩︎

  3. j’espère que vous pe pardonnerez cet abus de langage que je me suis permis pour des raisons de clarté. ↩︎

  4. je ris, mais je ris jaune pisse : un jaune couleur pisse de vieux qui pue à des kilomètres, qui pue tellement que même les vautours cherchent à s’en aller le plus loin possible. Et j’en profite pour dire à nos dirigeants le fond de ma pensée : j’espère que vous avez bien mangé, bien bu et bien dormi, parce que là c’est le moment de vous sortir la cuillère en argent que vous avez dans le cul et faire ce pour quoi vous avez été élus. ↩︎